вторник, 26 юли 2016 г.

Régine Robin - La Québécoite



C’est un livre emblématique, un livre phare des écritures migrantes au Québec. On peut le considérer comme un manifeste de ce soi-disant courant littéraire. En effet, Régine Robin jette les bases d’un style, d’une technique d’écriture qui se fasse l’expression de la « parole migrante » dans ce qu’elle a de déboussolé, de mouvementé, de « baroque ». Ce n’est pas tant une LITTERATURE migrante, mais bien une ECRITURE migrante. 
Pourquoi manifeste ? Parce que le roman non seulement raconte, mais aussi commente sa propre genèse. Il est à la fois la parole migrante et l'instance qui théorise sur cette parole, ce qui constitue le caractère récursif, réfléchi et finalement damné (sans issue) de la prise de parole migrante.
Voici quelques passages éclairants à ce propos :

p. 192-193 :



p. 203
Le discours auctorial va jusqu'à concevoir sa propre réception  (pp. 204-205) :



Le livre a fait couler beaucoup d’encre dans les milieux académiques et critiques et a inspiré tout un discours du pluralisme littéraire et du nomadisme culturel qui s’est un peu éteint avec la fin du 20ème siècle, mais qui risque de ressusciter (et à raison), d’autant plus que la question de la diversité connaît un regain d’intérêt.
A en croire Robin, dans la postface à cette nouvelle édition du récit :

(p. 207)
Ceci dit, comme c’est le cas d’ailleurs de bien des manifestes, le roman reste sans successeurs véritables, cette écriture ne trace pas un sillon dans la littérature québécoise, puisque les autres écrivains que l’on qualifie de migrants adoptent souvent un style d’écriture plus traditionnel. Chez eux, la migration se présente davantage au niveau des thèmes ou de l’imaginaire et moins au niveau de la « forme ».

Mon avis personnel est que le projet de l’auteure est fort intéressant et prometteur et je regrette qu’il n’ait pas engendré sa propre succession. En même temps, le texte est, il faut bien le dire, difficile à lire, passablement fastidieux à des moments. J’ai failli abandonner le livre à plusieurs reprises en me disant que c’était le bouquin le plus ennuyeux que j’aie jamais lu. Il faut reconnaître aussi que je le lisais par petits morceaux, dans des bus et des tramways, avant de m’endormir, en sirotant mon café, etc. et que ce n’est pas le genre d’ouvrage à accompagner ce type de moments. La Québécoite a besoin d’accaparer son lecteur pour lui parler. Il faut s’imbiber de la dérive migrante, y plonger, s’en aller à vau-l’eau avec la narratrice, laisser sa « mémoire sombrer avec armes et bagages » pour sentir le vertige à la fois effrayant et enrichissant de la parole robinienne. Bref, en tant que l’amorce d’un projet qui se voulait de longue haleine, certes imparfait mais plein d’avenir, La Québécoite mérite pleinement son statut d’œuvre importante. J’ai acheté aussi L’immense fatigue des pierres que je suis impatient de lire.

Няма коментари:

Публикуване на коментар