неделя, 27 март 2016 г.

Salammbô

Alfons Mucha (1896), Salammbô

Salammbô de Gustave Flaubert

J'ai trouvé le roman carrément difficile à lire. Un langage ardu, austère, avec des phrases dont l'enchaînement est souvent peu évident, où l'on se demande souvent à quel objet exactement tel ou tel pronom personnel se rapporte... En fait, j'ai l'impression que Flaubert imite le style d'un auteur antique comme Tite-Live (qui fut, autant que je sache, l'un des rares auteurs à parler de Carthage, et il me semble donc tout à fait possible que Flaubert s'en soit inspiré). On y observe décidément le décousu des auteurs antiques, ainsi que leur goût des énumérations, du répertoire, animé d'un esprit documentaliste, balzacien. La violence des scènes lance un véritable défi à Games of Thrones.
En fait, le roman est enrichissant pour approfondir sa connaissance du style de Flaubert, mais à part ça, il m'a laissé perplexe. On pourrait par ailleurs, quelque surprenant que cela puisse paraître, dresser un parallèle entre Salambo et Mme Bovary : toutes les deux sont en quelque sorte victimes de leur passion, de leur fourvoiement sensuel, de leur inadéquation à leur temps.
Lire le roman en français est un vrai défi pour un francophone non-natif, puisque l'expression est tortueuse, fuyante, d'une imagerie non intuitive pour le lecteur contemporain. J'en avais abandonné la lecture, commencée il y a bien du temps et reprise récemment. Je suis content de moi-même : le défi a été bien relevé. Je recommande le livre aux explorateurs curieux et ambitieux du patrimoine littéraire français.

Passage à retenir (la partie concernant le discours est très intéressante) :

"Mais le Suffète revenait toujours à Mâtho, sous prétexte de renseignements militaires. Il ne comprenait rien à l'emploi des heures qu'elle avait passées dans la tente. En effet, Salammbô ne parlait pas de Giscon ; car, les mots ayant par eux−mêmes un pouvoir effectif, les malédictions que l'on rapportait à quelqu'un pouvaient se tourner contre lui ; et elle taisait son envie d'assassinat, de peur d'être blâmée de n'y avoir point cédé. Elle disait que le schalischim paraissait furieux, qu'il avait crié beaucoup, puis qu'il s'était endormi. Salammbô n'en racontait pas davantage, par honte peut−être, ou bien par un excès de candeur faisant qu'elle n'attachait guère d'importance aux baisers du soldat. Tout cela, du reste, flottait dans sa tête, mélancolique et brumeux comme le souvenir d'un rêve accablant ; et elle n'aurait su de quelle manière, par quels discours l'exprimer."

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